XXIII Convegno SISP

Roma, Facoltà di Scienze Politiche LUISS Guido Carli
17 - 19 settembre 2009 Law Campus - Via Parenzo, 11

Paper Room

1. Democrazie e Democratizzazione

1.3. Contentious Dynamics in Local Contexts
Chairs: Noemi Podestà e Tommaso Vitale

1.3.1. Les agitations du squat a l’horizon de valurs generales. Les echelles de retentissement du conflict localise

Marc Breviglieri e Luca Pattaroni

Abstract

Notre communication rendra compte de l’évolution récente d’une enquête que nous avons conduite, entre 2000 et 2004 dans le mouvement squat genevois. Elle tiendra compte du durcissement récent de la politique municipale genevoise à l’encontre des mouvements squats pourtant installés de longue date et répondant à des aspirations fortes de la jeunesse, en termes de logement, de mode de vie et d’engagement militant. Le mouvement squat genevois s’est ancré localement : les squatters investissant immeubles après immeubles, d’une manière faiblement coordonnée, chaque immeuble occupé représentant une initiative particulière, menée par des entités collectives de petite taille. Il n’en demeure pas moins que le phénomène s’est répété et que les squats ont perduré au fil du temps, faisant tache d’huile à la fin des années quatre-vingt jusqu’à obtenir, par leur ampleur, une réputation internationale. Mais ce qui a permis cette pérennisation et cette amplitude tient au fait que toutes ces initiatives avaient, malgré leur faible taille et leur manque de coordination, une ambition tenace dont l’horizon politique général débordait de toute part la localisation limitée au seul immeuble. Autrement dit, dans chaque microsociété formée dans le squat a émergé des formes de biens communs de très large ampleur (touchant à la solidarité, à l’écologie, à la consommation) portés par des projets alternatifs, de vie commune et de réforme sociétale, fort ambitieux. Ce sont ces projets qui ont bien vite commencé à fédérer les différents groupuscules de squatters et qui ont obtenus des formes de visibilités publiques, se déployant sur différentes échelles de retentissement, et finissant, par là, aux oreilles des pouvoirs politiques genevois, bien obligés d’en tenir compte d’une manière ou d’une autre. A travers notre texte, nous chercherons donc à montrer comment les conflits urbains résonnent et se forment de manière variable sur un plan local au travers d’une multiplication des échelles et des arènes de publicité et la formation de différents compromis politiques et institutionnels. Le mouvement squat rend manifeste au moins deux composantes majeures d’une tendance lourde affectant le devenir de l’habitat et certaines aspirations récurrente de la jeunesse militante et non militante dans nos sociétés modernes. Le mouvement squat déploie en effet d’une part l’idée de pourvoir des logements à ceux qui en sont privés par le dynamisme du marché ou par l’inefficacité des politiques sociales et d’autre part l’idée d’une certaine « vie communautaire » censée représenter une alternative à un ensemble de pathologies socio-économiques propres à la modernité urbaine. La politique de la tolérance aux squats appliquée à Genève jusqu’au début des années 2000 s’est inscrite dans une tentative de laisser au mouvement squat une certaine liberté d’expression et une certaine possibilité de protestation et d’exposition publique de modes de vie alternatifs. Elle a conduit à un déplacement non négligeable des catégories de l’action publique en matière de logement social, se traduisant sous formes de différentes innovations institutionnelles – contrat de confiance, bail associatif, police de proximité - entérinant des compromis entre les exigences de modes de vie alternatifs et le maintien d’une politique sociale à l’échelle de la ville. Le durcissement politique récent que connaît Genève à l’égard de ses squats, réaffirmant avec force l’illégalité des occupations de logements vacants et la nécessité de leur évacuation, manifeste une rupture nette du socle de confiance et du terrain d’entente qui avaient prévalu jusqu’à présent. La dimension de tolérance qu’appellent les mouvements squats ne s’inscrit alors plus sur le domaine incertain et progressiste du conflit négocié mais sur le domaine clôturé de l’intervention pénale sanctionnant l’action délictueuse. En exerçant de cette manière son pouvoir physique de contraindre, les pouvoirs publics recherchent le maintien d’une paix sociale dont la condition repose alors sur l’établissement d’un certain conformisme culturel au plan des manières de vivre en commun, sur la conservation d’un certain bien être acquis et sur la réaffirmation des lignes politiques dominantes. Derrière ce tournant, c’est l’ensemble des politiques urbaines qui se modifient réduisant les espaces de compromis et, par là, le pluralisme des manières de vivre ensemble qu’elles tolèrent.

1.3.2. Scarica il paper in pdf "Per fare la guerra ci rubano la terra":la costruzione del conflitto oltre la protesta No Dal Molin.

Donatella Della Porta e Maria Fabbri

Abstract

Le campagne di protesta contro le grandi infrastrutture sono state spesso definite come localistiche, ostacoli alle politiche pubbliche caratterizzati da attenzione su territorio e interessi limitati, ma la scientificità dell’analisi del fenomeno Nimby è stata contestata sia dagli attivisti che dall’interno stesso delle scienze sociali. Le mobilitazioni locali sono state infatti anche considerate come pratica di cittadinanza attiva, spazio e momento di esercizio di sovranità da parte delle popolazioni ed espressione di resistenza a progetti di intervento sul territorio che spesso mascherano da “bene comune” interessi particolari. Nel caso specifico della mobilitazione No Dal Molin, il conflitto localizzato si è proposto come una critica a un uso del territorio localmente non voluto (LULU), in una prospettiva in cui la mobilitazione appare superare l’epiteto di Nimby, in primo luogo sviluppando retoriche globali. Il tema della militarizzazione del territorio propone specifici nessi al riguardo, rappresentando una forma antica di globalizzazione e anche nel caso considerato la base si pone come nodo di una rete strategica globale, che si consideri il progetto in termini di ampliamento, raddoppio o nuovo insediamento, facendo così emergere molteplici ordini del dissenso. Inoltre, in una fase di latenza e di “sgretolamento” della mobilitazione per la pace e contro la guerra a livello nazionale, le vertenze locali, forti dei successi di partecipazione e di consenso di esperienze legate alle mobilitazioni contro altri generi di infrastrutture e consolidate dalla capacità di connettersi, risultano non solo istanze periferiche del livello nazionale ma rivelano capacità di connessione, elaborazione, talvolta trasformazione delle cornici interpretative del conflitto. Il nostro paper presenta i risultati di un’analisi della protesta No Dal Molin e dei suoi cambiamenti “in action”, focalizzandosi sul processo di costruzione simbolica del conflitto, concepito come non solo strumento strategico per la mobilitazione, ma anche come fondamentale meccanismo di formazione della identità di chi protesta. Alla ricostruzione introduttiva del quadro specifico degli attori coinvolti con l’esame del dibattito mediatico locale e nazionale e delle varie ragioni dell’opposizione e delle diagnosi di partenza, segue l’analisi delle tensioni presenti attorno a tre importanti livelli di definizione dell’attore e dell’azione: l’elaborazione di un’identità positiva di comunità, la ricerca di valori universali e la definizione globale del conflitto. Per quanto infatti molti interrogativi si pongano rispetto alla presenza di un’identità collettiva condivisa, la campagna No Dal Molin, anche in ragione di alcune sue caratteristiche, evidenzia come le mobilitazioni con origine dalle comunità locali e forte radicamento nel territorio possano avere un esito diverso rispetto ai presupposti di partenza. In una prospettiva di comparazione con altri casi nazionali di mobilitazione glocale, alcune categorie dello studio dei movimenti sociali come costruzioni simboliche verranno riprese nell’analisi delle interviste agli attori della mobilitazione e delle osservazioni sul campo. L’ipotesi è quella di un’evoluzione locale-globale, in cui l’elaborazione di immagini di un futuro alternativo e di una nuova concezione dell’interesse generale, così come la presentazione della propria azione come laboratorio di una diversa concezione di politica e di una democrazia di qualità, avvengano nel corso della campagna di protesta ed emergano attraverso l’adesione alla rete di diversi attori attorno ad un comune discorso generale.

1.3.3. The politics of facts: environmental conflicts and expertise

Luigi Pellizzoni

Abstract

Conflicts over the environment and technology have been characterising for many years the political arena. The role played by science and expertise has been widely recognised, as a powerful tool for developing and legitimizing in the public sphere arguments for and against land uses and technology applications. Yet this has seldom represented a specific focus of inquiry. Moreover, the picture is today more entangled than it used to be. Rather than a way to overcome it, expert knowledge and advice are increasingly becoming a site of contention. The social distribution and recognition of expertise is changing, and traditional appeals to ‘sound science’ are challenged by more controversial, nuanced understandings of the relationship between science and politics. A study under completion carried out in Italy and based on in depth case studies sought to address this issue. Some results will be presented and some attempts at interpreting them will be endeavoured. I will focus especially on the interplay of technical and political legitimacy and on the different forms and roles expertise may take in the public discursive arena. To build suitable analytical tools I will draw on three main sources: studies on expertise and the science-policy interface, literature on the public sphere and transformation of politics, and social movement scholarship.

1.3.4. Local and global contention: conflicts around religious issues. A comparison of two middle-size cities in Italy, Parma and Verona.

Donatella Della Porta e Lorenzo Bosi

Abstract

Muslim communities, the public authorities, residents’ committees, Christian organizations, social movement organizations of different traditions tend to participate in local contentions that often take place over the construction of new mosques or the opening of Muslim centres, cultural institutions and associations. By reconstructing the polarization of these conflicts, with the help of process tracing, I want to investigate to which extent during the (public and political) controversies on the use of Islamic symbols in public and the recognition of Muslim community differences in the Western way of life, young Muslims (and other actors) tend to fell a sense of social, cultural, and economic subordinate position in their own community and of distrust of local institutions, especially as they interact with the wider perception of national and international policies and events that create feeling of injustice. Analytically, this research project intends therefore to explore how the complex interactions between the religious, political, and social dimensions contribute to the emergence of local conflicts around religious issues. I will base my analysis on a longitudinal qualitative research strategy, which will involve semi-structured interviews as well as documentary analysis. The primary source of this study are fifty interviews, with the main actors involved in the local conflicts, with a particular emphasis on actors with local expertise (e.g. imams and social workers), and young Muslims (between 18 and 40 years old). Questions are anchored around the existing local conflicts, but expand then the analysis to how conflicts at other territorial levels might contribute discursive and political opportunities for polarization.

1.3.5. Scarica il paper in pdf Effects of local contexts on the dynamics of urban conflicts. Quebec City (Canada), 1989 to 2000.

Mathieu Pelletier, Florent Joerin, Catherine Trudelle, Paul-Y. Villeneuve

Abstract

L’espace urbain est au quotidien le lieu de multiples décisions autour de projets d’aménagement, mais aussi de projets touchant plus largement l’approvisionnement, l’accès ou l’administration des ressources urbaines. Les unes plus visibles que d’autres, les répercussions et conséquences liées à ces décisions sont extrêmement variables dans le temps et dans l’espace. Néanmoins, elles participent toutes, à des degrés divers, aux processus de production de la macro forme urbaine (Villeneuve, 2002). Qu’ils soient le fruit de l’action individuelle ou collective, ces processus décisionnels mettent en lumière les rapports qu’entretiennent les différents acteurs (agences étatiques, acteurs socioéconomiques, entreprises, organisations non gouvernementales, mouvements sociaux, citoyens). À l’occasion, en raison de l’incompatibilité des positions respectives des acteurs au sujet d’enjeux mettant en cause des intérêts divergents, des conflits surgissent. Les facteurs susceptibles d’expliquer cette conflictualité du quotidien au sein des processus décisionnels sont nombreux. Parmi ceux-ci, les acteurs occupent une place centrale au sein des processus décisionnels tout comme la forme du processus dans son déroulement (Rowe and Frewer, 2005; Vodoz, 2006). Certes, il est illusoire et sûrement contreproductif de vouloir enrayer le conflit au sein du processus décisionnel. Néanmoins, à dessein de faciliter le «décider ensemble», la mise en place de mécanismes, d’outils et d’approches - incluant les processus participatifs – tend à se généraliser. Au-delà de ces adaptations du processus décisionnel dont la nécessité n’est pas à remettre en question, la multiplication et la complexification des conflits appellent d’autres approches à la fois différentes et complémentaires. C’est ainsi que l’on voit se développer des démarches destinées à détecter localement les facteurs susceptibles de générer une controverse (Janelle and Millward, 1976; Ley and Mercer, 1980; Joerin et al., 2005). Dans ces conditions, mieux comprendre la dynamique de l’activité conflictuelle en relation avec les caractéristiques propres à ces lieux, c’est peut-être aussi développer une certaine capacité d’anticipation. Une telle approche permettrait par exemple de mieux cibler les contextes locaux où la mise en place de mécanismes participatifs adaptés devrait être encouragée (Rowe and Frewer, 2005). Cette communication s’inscrit dans ce cadre théorique. L’objectif de la recherche vise à mieux comprendre les rapports unissant les spécificités territoriales à trois dimensions de la dynamique de l'activité conflictuelle: la fréquence spatiale, la durée et l'intensité (FDI) des conflits urbains. Nos travaux se concentrent sur une démarche quantitative, et ce, à travers une approche spatiale visant à jauger l’influence d’éventuels effets de contextes locaux, en l’occurrence les milieux urbains, sur les propriétés de l’activité conflictuelle (FDI) à l’échelle de la ville de Québec (Canada) pour la période de 1989 à 2000. Notre recherche s’appuie sur un inventaire systématique des processus de décisions de nature conflictuelle pour un territoire et une période donnée. Le corpus empirique relatant la conflictualité urbaine de la ville de Québec (1989 à 2000) a été relevé dans le quotidien régional Le Soleil . Les 142 conflits ont été recensés selon un protocole d’abord proposé par Janelle et Millward (1976). Seuls les articles de presse s’inscrivant dans les périodes conflictuelles des processus décisionnels ont été utilisé pour décrire les conflits à l’aide de plusieurs variables (p.ex. protagonistes, enjeux, actions, importance de la couverture médiatique). Dans sa forme, la présentation se construit en 2 temps. La première partie vise à proposer un cadre conceptuel lequel aborde, entre autres, le conflit, l’activité conflictuelle - et ses propriétés (FDI) - mais aussi le quartier et plus particulièrement les (4) dimensions que nous lui associons à savoir la composition sociale, le cadre bâti, la propension au regroupement et à la prise de parole et l’accès aux ressources urbaines. Cette réflexion aura permis de modéliser spatialement (a) l’activité conflictuelle en termes de fréquence spatiale, de durée et d’intensité mais aussi (b) les contextes locaux urbains québécois. Nous présenterons ensuite l’étude détaillée des effets de contextes locaux sur la dynamique spatiale de l’activité conflictuelle. Les résultats suggèrent que les conflits sont de plus longue durée bien qu’ils ne soient pas nécessairement plus intenses ou plus fréquents dans le secteur où (1) la capacité des individus à se regrouper et à prendre la parole est modérée et où (2) la population est à la fois la plus mobilisable et la mieux nantie à l’échelle régionale. Nous pensons qu’il s’agit là des conditions menant à une activité conflictuelle durable dans le temps, à savoir des individus disposant de temps et de ressources, mais peu outillés sur le plan des stratégies d’actions en moment de conflits.

1.3.6. Local Environmental Protests and Campaigns in England in the Era of Climate Change

Christopher Rootes

Abstract

This paper takes as its starting point the challenge that climate change presents to the environmental movement, and especially to local campaigners mobilising against a variety of threats to their environmental amenity. Climate change is a complex and, for most people, rather abstract issue, but it is one whose seriousness governments and large corporations have at least rhetorically acknowledged. As a result, environmental campaigners find it difficult to mobilise the public as they might were the issue still an ‘outsider’ to mainstream politics. As it is, national environmental NGOs are constrained to adopt largely conventional tactics such as lobbying of politicians and policymakers, and to confine protest to highlighting those areas in which practice is inconsistent with policy. For local campaigners, the advent of climate change as the dominant environmental issue has diverse consequences; depending upon the issue, some find their opportunities enhanced, whereas others find the obstacles against them increased. These impacts are superimposed upon patterns of opportunity shaped by political institutional structures and temporal variation in the shape and salience of public policy on various environmental issues. This paper will develop these arguments in relation to protests in England against roads, airports, waste incineration and against climate change itself.

1.3.7. Conflictos de urbanidad y ciudadanía urbana: el caso de Nanterre – La Défense

Pedro José García Sánchez

Abstract

Situados en la periferia próxima de París, el municipio de Nanterre y el “quartier d’affaire” de La Défense, desde los inicios de este ultimo en los años 1960, han coexistido sobre la base de una historia difícil y conflictiva forjada por delimitaciones territoriales contradictorias, intereses concurrentes y por predominancias y proyectos políticos opuestos: Nanterre representa un bastion local importante de la izquierda comunista mientras que La Défense es una “bussiness area” creada “de toutes pièces” por el Estado francés arraigado en la derecha gaullista, hoy día sarkosysta y con la anuencia del rico municipio de Neully y del departamento de Hauts de Seine (que hasta su elección presidencial, fueron dirigidos por Nicolas Sarkosy). El ultimo y reciente episodio de esta confrontación histórica ha sido la designación, por mandato presidencial, de un mismo director para los “Establecimientos de Obras Públicas” (máximas autoridades institucionales para el diseño y gestión del desarrollo urbano) que rigen ambas circunscripciones: l’Etablissement Public d’Aménagement Seine-Arche (EPASA) de Nanterre y l’Etablissement Public d’Aménagement de La Défense (EPAD). Frente a esta decisión estatal que va a contracorriente de lo que habían sido los avances de los últimos 15 años en términos de legitimidad diferenciada de las escalas locales y estatales del desarrollo urbano, de reconocimiento político de dicha legitimidad, de coexistencia institucional y de cooperación interinstitucional, la municipalidad de Nanterre y el poderoso tejido asociativo que existe y se moviliza en esta ciudad, han multiplicado las iniciativas de ciudadanía urbana: consejos de barrio, talleres de proyectos, dependencias municipales destinadas a orientar y a capacitar en términos de saber urbanístico circunscrito a los habitantes. Esta ponencia (1) interroga dicho fenómeno en la perspectiva abierta por los análisis en términos de conflictos de urbanidad , (2) rinde cuenta de la manera como algunos de estos dispositivos de ciudadanía urbana se constituyen (siendo provocados por estos conflictos y, a la vez, apareciendo como respuestas a ellos) y (3) examina la manera como la gobernabilidad urbana local se nutre de ello y se transforma. Mediante entradas etnográfica, genealógica y ecológica, los trabajos de campo que nutren esta reflexión han sido producidos en el marco de tres proyectos de investigación inter-dependientes: uno que dirijo en la Universidad de Nanterre (“Les compétences d’interaction dans les projets de rénovation urbaine: conflits d’urbanité et cognition distribuée à « Nanterre - Seine – Arche ») y dos otros, pluridisciplinarios, en los que estoy implicado : “Renouveller les compétences d’écoute et de coopération entre les acteurs du projet urbain” (patrocinado por el Partenariat Recherche – Innovation de la Region Ile de France -PICRI) y “La rénovation urbaine : des enjeux citadins aux engagements citoyens” (patrocinado por el Plan Urbanisme, Construction, Architecture PUCA del Ministerio del equipamiento de Francia).

1.3.8. Scarica il paper in pdf Conflits urbains et inclusion socioterritoriale : le cas du quartier Saint-Michel à Montréal

Catherine Trudelle, Juan-Luis Klein, Jean-Marc Fontan, Diane-Gabrielle Tremblay

Abstract

Dans un contexte de mondialisation, d’essor de sociétés pluralistes et de profondes mutations des espaces urbains, les rapports à l’État des acteurs de la société civile ne cessent d’évoluer, ce dont témoignent les expériences d’adaptation des collectivités locales à la mondialisation, voire de reconversion territoriale (Fontan, Klein et Lévesque, 2003). Partout, ces dynamiques ébranlent la démocratie locale en élargissant l’espace social de référence des citoyennes et citoyens qui ont à faire face à des enjeux plus complexes (Brenner 2004). Les inégalités sociales, les options de développement local et les dynamiques territoriales se diversifiant sans cesse, les situations de tension et de conflits se multiplient. Dans les quartiers les plus sensibles des villes, les acteurs sociaux se mobilisent en revendiquant le droit des citoyennes et de citoyens de conserver leur milieu de vie et de travail ainsi que leur qualité de vie, se confrontant ainsi tantôt aux élites locales, tantôt aux acteurs publics (Fontan, Klein et Tremblay, 2004; Trudelle et al., 2006). Dans les aires métropolitaines, les conflits urbains sont en recrudescence en raison de la divergence des intérêts et des valeurs portées par la multitude d’acteurs en présence. Ceux-ci s’opposent au sujet des projets à mettre en œuvre en réaction à des problèmes sociaux ou économiques, sur les affectations à donner à des espaces concrets, sur les impacts de divers types de projets, sur des services à créer ou à conserver ou sur des orientations à privilégier en regard du territoire. Cependant, si les interventions sur le territoire urbain occasionnent très souvent des tensions et de l’activité conflictuelle, il en est de même dans le cas de non intervention dans un secteur en déréliction. Les conflits matérialisent le « droit au respect » et le « droit à la ville », évoqué d’une manière ou d’une autre dans les diverses chartes des villes, dont celle de Montréal, que revendiquent les citoyens de tous horizons socioéconomiques et territoriaux. Ils portent la lutte pour le droit de tous à exercer leurs droits de citoyen, au sens social du terme (Castel, 2009). En même temps qu’ils donnent à voir l’intensification des tensions sociales, dans certaines circonstances et à certaines conditions, les conflits urbains participent à la mise en œuvre de modalités localisées de résolution de conflits, d’établissement de compromis et de gouvernance locale. Ceci se matérialise par plusieurs dispositifs de participation citoyenne, par exemple, et par la mise sur pied de nombreux projets de revitalisation urbaine dans des « quartiers orphelins » (Fontan, Klein et Lévesque, 2003), c’est-à-dire des quartiers laissés à eux-mêmes en période de profondes mutations économiques et sociales qui ont conduit à une grave dévitalisation de ces territoires. Nos travaux mettent en lumière l’effet structurant des initiatives qui mobilisent des ressources de l’économie sociale et de l’action communautaire en vue d’assurer une reconversion des espaces locaux et de mettre en place des dynamiques de développement local et d’inclusion socioterritoriale. Notre hypothèse de travail est qu’au sein de la sphère de l’économie sociale et l’action communautaire sont incubées des actions collectives au niveau local qui assument un rôle leader et qui parviennent à rallier les acteurs, créant les conditions pour une gouvernance locale inclusive. À l’aide d’une étude de cas approfondie, soit le cas du quartier Saint-Michel à Montréal (PQ, Canada) et pour laquelle étude nous avons mené une enquête par entrevues et constitué une base de données socioéconomiques et démographiques, nous montrerons comment les conflits urbains permettent la construction d’une telle gouvernance locale, et ce sans que les causes de ces conflits ne soient disparues pour autant, dans un quartier qui concentre un haut pourcentage de population pauvre, en grande partie immigrante et confrontée à de hauts niveaux de pauvreté et d’exclusion. De fait, le quartier Saint-Michel est l’un des quartiers les plus fragiles de l’agglomération montréalaise. Pourtant, il présente un bel exemple de réussite d’un processus abouti de gouvernance locale, comme résultat de la participation conflictuelle mais ciblée sur le développement local des différents acteurs sociaux, économiques et culturels du quartier. Parmi les facteurs de ralliement des acteurs dans le quartier, on peut citer la Cité des arts du cirque ainsi que le projet d’un vaste complexe environnemental, ce qui montre que la culture et l’écologie peuvent agir comme des voies de construction de la concertation sociale à l’échelle locale.

1.3.9. Scarica il paper in pdf Is there any continuum between policies and politics? The contribution of a pragmatic stance to the analysis of local conflicts

Michela Semprebon

Abstract

The literature on urban policies tend to elude conflictual dynamics (Swyngedouw, 2005). This seems to be even more so as far as urban safety is concerned. Arguably, scholars stress on policies and seem to assume the passivity of actors, exception made for the institutions that put forward policies themselves. In other words, they seem to disregard politics, on the basis of a supposed progressive depoliticitization of the public sphere. In turn, this paper proposes to reflect on the nexus between policies and politcs. In particular, it will try and answer this research question: is an evacuation of politics observable in conflicts on urban safety? It will do so through the appropriation of a pragmatic stance (Thévenot and Boltanski, 1991; Thévenot and Boltanski, 2006; Thévenot, 2006; Cefai, 2002), in the attemp to show how such an approach can help overcome the polarisation between the two in the analysis of local conflicts. The paper builds on ethnographical and qualitative data collected through a phd research project on local conflicts and immigrants´ civic participation in Italy, which started in March 2008 and will be completed in December 2009. Starting from the analysis of a 'problematic situation' (Dewey, 1993), a pragmatic stance allows to reflect on the 'micro-politics of troubles' (Cefai and Joseph, 2002), by digging out how every actor contributes to the categorisation and hence constitution of alternative versions and descriptions of the situation itself and how this leads to the emergence of a public problem. The paper will show that actors' identity is not necessarily pre-constituted but develops and evolves during and through actors' interactions, in the form of different 'forms of engagements' (Thévenot and Boltanski, 1991; Thévenot and Boltanski, 2006; Thévenot, 2006) in face of a public problem. This suggests that the 'chose publique' (Cefai and Pasquier, 2003) is by no means the monopoly of the State. It derives that scholars should not resign to reading every phenomenon according to a logic of domination, nor reconduct them to a mere system of power. It calls for an articulation of the dynamics of conflicts, which is capable of putting actors and their agency back on agenda, by observing them in a whole variety of 'scènes publiques', thus allowing for the multiple and often contradictory lines of conflicts to emerge. Infact, engagements do not only become manifest on the barricades: actors can be interested and motivated to participate in civic and political life without 'taking up arms' (Cefai and Pasquier, 2003). It should be specified that a pragmatic stance does not call for a microsociological analysis as an end in itself. It rather suggests it helps reaching out for 'scènes publiques' exceeding institutional ones. The paper evolves around the analysis of a conflict that has been at the centre of a hot debate in Italy: the regulation of phone centers. It compares the cases of Verona and Modena, two northern Italian cities with very different political subcultures as well as very different approaches to immigration and urban safety. It is in these cities, that the conflict first emerged, exception made for other cases reported in the Lombardy Region, which will however not be dealt with here. After an introduction on the theoretical framework from which the paper draws, the first part will present the case studies chosen for the analysis. The second part will show how the conflict has emerged through forms of familiar engagements (Thévenot and Boltanski, 1991; Thévenot and Boltanski, 2006; Thévenot, 2006) which reach beyond the instruments and tools typical of deliberative democracy. An analysis of the narratives of various actors will be carried out to demonstrate that much can be gained from a pragmatic stance which focuses on actors's engagements, while accepting that trading off and negotiations are only the ultimate step in dynamics among them. The third part will further discuss, in a comparative light, on some of the main issues raised throughout the paper, in the effort to show the continuum between policies and politics, by stressing that there is more to policy than political and discoursive opportunity structures. The comparison will also provide with a contribution to the academic literature on safety policies. According to Braccesi (2004), while right wing coalitions tend to focus on either a more visible involvement of mayors themselves with respect to urban safety demands, or on their delegation to the national government, left wing coalitions mostly activate social interventions and mediation types of activities. This is well exemplified by looking at the case studies presented here. However, a more nunaced analysis of the conflicts' dynamics, particularly those between municipalities and phone centers' owners, will suggest similarities and highlight common themes: predictability and safety have become non-negotiable principles of social life and crime now surpasses healthcare and the economy as public anxiety number one. The result is that in both cities residents’ fears and demands for urban safety have been increasingly legitimised, with mayors having acted accordingly, by promoting a whole new series of local safety policies, which phone centers' owners, on their side, have met with resistance.